Quelles données pour penser la mondialisation ?
ConférenceSciences Sociales
25/09/2026 | 21h00 - 22h00 | Salle des Résistants
Informations
Une mesure centrale de la "mondialisation" économique repose sur le taux d'extraversion des économies, soit la part que représente le commerce extérieur par rapport au PIB national, à l'échelon du pays, et la part que représente le commerce international par rapport au PIB mondial, lorsqu'on évoque l'ensemble de l'économie mondiale. Cet outil, qui ne mesure en réalité que l'inter-nationalisation (les achats et les ventes qui traversent des frontières ET sont comptabilisés par des douanes à ces frontières), est constamment utilisé à la fois pour évaluer le degré de mondialisation de l'économie mondiale actuelle et pour mesurer rétrospectivement cette mondialisation pour d'autres époques. Or il est en réalité un très mauvais outil, qui multiplie les biais : plus il y a de frontières nationales, plus il y a de commerce national, donc... plus il y a de "mondialisation" ; il fait croire à l'existence des "économies nationales", alors que ce sont des agrégats essentiellement statistiques qui agglomèrent des acteurs, des régions et des logiques de secteur extrêmement variés et créent donc des formes d'unité factice ; il traite de la même manière des économies géantes, continentales (comme les Etats-Unis) et des économies essentiellement urbaines de micro-Etats (Singapour, la Belgique...)).
Cette présentation amènera à une réflexion sur la distance à prendre avec les "data" en économie et dans le débat public, sur une question pourtant aussi centrale que nos choix en matière d'économie politique de la mondialisation.